Méthode

Une méthode de terrain en sept étapes

Préparez la visite, structurez le bâtiment, inventoriez les ressources, contrôlez les données et organisez la restitution.

Réponse directe

Réaliser un diagnostic PEMD consiste d’abord à cadrer l’opération et réunir les documents, puis à préparer un découpage de visite, effectuer un repérage sur site, inventorier et quantifier les produits, équipements, matériaux et déchets, analyser leur état et leurs possibilités de réemploi, contrôler les informations et enfin produire puis transmettre le diagnostic dans le calendrier applicable. La visite doit être traçable : zones parcourues, zones non visitées, méthode de quantification, photographies, sources et limites.

À retenir

  • Le terrain ne commence pas à l’arrivée sur site : le périmètre et les documents doivent être préparés.
  • Le bâtiment doit être découpé en zones compréhensibles et stables.
  • Une convention de nommage, d’unités et de photographies évite la reprise après la visite.
  • Chaque donnée doit être distinguée comme observée, documentée ou estimée.
  • Les ressources homogènes peuvent être regroupées en lots si la méthode et les limites sont explicites.
  • Le contrôle de fin de zone et de fin de journée évite des visites complémentaires.
  • La collecte ne remplace pas l’analyse professionnelle du potentiel de réemploi et des précautions.

Étape 1 — Cadrer l’opération

Avant toute visite, confirmer :

  • la maîtrise d’ouvrage et les interlocuteurs ;
  • le champ d’application du diagnostic ;
  • les bâtiments et parties concernés ;
  • la nature et l’étendue des travaux ;
  • le calendrier ;
  • les autorisations ou marchés servant de jalons ;
  • les livrables ;
  • les compétences et responsabilités ;
  • les règles d’accès et de sécurité ;
  • l’usage futur des données.

Livrable de cadrage

Créer une fiche de mission d’une à trois pages indiquant :

  • périmètre réglementaire ;
  • éventuel périmètre volontaire supplémentaire ;
  • exclusions ;
  • bâtiments et surfaces ;
  • niveau de détail ;
  • méthode de quantification ;
  • format de restitution ;
  • calendrier ;
  • personnes responsables de la collecte, revue et validation.

Ne pas mélanger silencieusement le périmètre réglementaire et une mission élargie. Les VRD, par exemple, peuvent être intégrés volontairement mais doivent être identifiés comme tels.

Étape 2 — Réunir et analyser les documents

Demander suffisamment tôt :

  • plans, coupes et nomenclatures ;
  • programme de travaux ;
  • dossier des ouvrages exécutés ;
  • repérages amiante, plomb, termites et autres diagnostics applicables ;
  • fiches techniques ;
  • historiques de maintenance ;
  • inventaires existants ;
  • informations sur les activités passées ;
  • études de pollution ou risques ;
  • relevés de surfaces ;
  • contraintes d’occupation ;
  • consignes de sécurité et modalités d’accès.

Pour chaque document, noter : titre, auteur, date, version, périmètre, fiabilité et information utilisée.

Préparer les questions

La revue documentaire doit générer une liste de points à confirmer :

  • plans discordants ;
  • zones sans information ;
  • matériaux non identifiés ;
  • équipements supposés mais non visibles ;
  • travaux anciens ;
  • accès ;
  • risques ;
  • ressources déjà réservées ou déposées.

Étape 3 — Structurer le bâtiment et le plan de visite

Créer une arborescence simple :

Opération
└── Bâtiment
    └── Niveau
        └── Zone ou local

Le niveau de détail dépend du projet. Il doit permettre :

  • de localiser une ressource ;
  • de répartir la visite ;
  • de contrôler l’avancement ;
  • de retrouver une fiche ;
  • de rapprocher l’inventaire des plans et marchés.

Convention de nommage

Exemple :

BAT-A_N02_BUREAUX-EST

Éviter les noms comme « pièce 1 », « zone droite » ou « étage haut » sans référence commune.

Plan de visite

Pour chaque zone, prévoir :

  • ordre de passage ;
  • personnes présentes ;
  • durée ;
  • accès ;
  • équipement de protection ;
  • besoins de mesure ;
  • zones nécessitant un accompagnement ;
  • impossibilités connues ;
  • point de contrôle avant sortie.

Étape 4 — Définir la méthode de collecte

Avant de saisir la première fiche, définir les règles.

Regroupement ou fiche unitaire

Une fiche peut représenter :

  • un élément unique ;
  • un lot homogène ;
  • une famille dans une zone ;
  • une occurrence répétée.

Le regroupement est acceptable si les éléments ont des caractéristiques, états et conditions suffisamment homogènes. Sinon, séparer les lots.

Unités

Définir une unité principale par famille et la méthode de conversion éventuelle. Éviter de mélanger pièces, mètres carrés et tonnes dans un même lot sans explication.

Photographies

Définir les vues minimales :

  1. vue générale ;
  2. vue du contexte ou de la pose ;
  3. détail de l’état ;
  4. étiquette ou référence ;
  5. détail utile à la dépose.

Toutes ne sont pas nécessaires pour chaque ressource. Le choix doit être proportionné.

État

Créer une échelle documentée avec critères visibles. Ne pas utiliser seulement « bon », « moyen », « mauvais » sans définition.

Propriétés

Limiter les champs obligatoires à ce qui est nécessaire. Un formulaire trop long favorise les valeurs approximatives ou copiées.

Étape 5 — Réaliser le repérage sur site

À l’entrée de la zone

  • confirmer le repère ;
  • vérifier les risques et autorisations ;
  • observer la cohérence avec les plans ;
  • identifier les familles dominantes ;
  • répartir les tâches ;
  • ouvrir la bonne zone dans l’outil.

Pour chaque ressource ou lot

  1. identifier la famille et la fonction ;
  2. vérifier l’homogénéité ;
  3. photographier ;
  4. compter ou mesurer ;
  5. renseigner l’état ;
  6. décrire la mise en œuvre visible ;
  7. noter les précautions ;
  8. rattacher la localisation ;
  9. indiquer la source ou le niveau de certitude ;
  10. enregistrer le brouillon.

Distinguer les données

Ajouter un statut interne :

  • observée ;
  • mesurée ;
  • issue d’un document ;
  • estimée ;
  • à confirmer.

Si le réseau est absent

Vérifier que le projet, les options et zones nécessaires ont été préparés. Créer les nouveaux brouillons localement, puis contrôler la synchronisation au retour du réseau. Ne pas supposer qu’une fiche distante existante est entièrement modifiable hors connexion.

Étape 6 — Analyser le potentiel et les filières

La collecte donne la matière de l’analyse mais ne la remplace pas.

Pour chaque lot, examiner :

État et aptitude potentielle

  • défauts apparents ;
  • fonctionnement connu ou non ;
  • usure ;
  • homogénéité ;
  • documentation ;
  • besoin de contrôle complémentaire.

Dépose

  • assemblages ;
  • accessibilité ;
  • risque de casse ;
  • moyens ;
  • risques ;
  • dépendance à d’autres lots ;
  • séquence.

Logistique

  • conditionnement ;
  • poids et volume ;
  • stockage ;
  • délai ;
  • transport ;
  • protection ;
  • manutention.

Usage futur

  • réemploi sur site ;
  • autre site ;
  • filière ;
  • demande identifiée ;
  • contrôles ;
  • remise en état ;
  • responsabilités ;
  • coût.

À défaut de réemploi

Étudier les modes de gestion des déchets dans l’ordre réglementaire et identifier les filières adaptées.

Étape 7 — Contrôler, restituer et transmettre

Contrôle par zone

Avant de quitter une zone :

  • toutes les familles prévues ont-elles été examinées ?
  • les fiches ont-elles une localisation ?
  • les photos sont-elles nettes et attribuables ?
  • les quantités ont-elles une unité ?
  • les observations contradictoires sont-elles signalées ?
  • les zones non visitées sont-elles documentées ?
  • des brouillons sont-ils restés ouverts par erreur ?

Contrôle de synchronisation

Après retour du réseau :

  • fiches présentes ;
  • photos envoyées ;
  • erreurs traitées ;
  • doublons recherchés ;
  • dernière modification connue ;
  • sauvegarde ou export de contrôle.

Revue technique

Une personne différente du collecteur relit si possible :

  • périmètre ;
  • quantités ;
  • unités ;
  • états ;
  • potentiel ;
  • déchets ;
  • précautions ;
  • cohérence avec les documents ;
  • réserves.

Restitution

Préparer :

  • diagnostic et annexes ;
  • formulaire officiel ;
  • inventaire détaillé ;
  • photographies ;
  • plans ou repères ;
  • liste des sources ;
  • méthode ;
  • limites ;
  • historique de version ;
  • consignes pour le suivi chantier.

Exemple de fiche terrain

Identifiant : BAT-A-N02-PORTE-014
Famille : menuiserie intérieure
Fonction : séparation de bureaux
Zone : bâtiment A, niveau 2, bureaux Est
Quantité : 12 unités, comptage direct
Dimensions : à mesurer ou issues d’un échantillon identifié
État : observations factuelles
Photos : ensemble, face, chant, paumelles, poignée
Dépose : fixation et accès à confirmer
Potentiel : hypothèse conditionnée aux contrôles et à la dépose
Source : visite du [date]
Limite : deux éléments partiellement masqués

[Illustrer avec une fiche fictive et une capture réelle de l’application.]

Répartition d’une équipe de deux personnes

Collecteur A

  • photographie ;
  • identification ;
  • création de la fiche ;
  • localisation.

Collecteur B

  • mesure ;
  • comptage ;
  • contrôle de l’homogénéité ;
  • observation de l’état ;
  • revue avant sortie.

Alterner les rôles peut réduire la fatigue. Une seule personne doit rester responsable de la validation finale de la fiche pour éviter des modifications concurrentes non coordonnées.

Matériel à prévoir

  • smartphone ou tablette chargé ;
  • batterie externe ;
  • mètre laser et ruban ;
  • équipement de protection ;
  • lampe ;
  • plans hors ligne ;
  • marqueur ou étiquettes si autorisés ;
  • support QR validé ;
  • carnet de secours ;
  • consignes et contacts ;
  • moyen de sauvegarde selon la méthode.

Le matériel de mesure doit être adapté au niveau de précision requis. Une mesure réalisée avec un outil ne devient pas automatiquement certifiée.

Erreurs fréquentes

  • commencer sans périmètre ;
  • créer des zones après la visite ;
  • utiliser plusieurs unités sans règle ;
  • confondre un lot homogène et des éléments seulement similaires ;
  • prendre des photos sans contexte ;
  • remplir un état sans critères ;
  • ne pas distinguer observation et estimation ;
  • qualifier le réemploi sans conditions ;
  • ignorer les documents amiante ou plomb ;
  • quitter le site sans contrôle ;
  • considérer une sauvegarde locale comme une synchronisation terminée ;
  • produire le formulaire sans revue de la maîtrise d’ouvrage.

FAQ

Combien de temps faut-il pour une visite ?

Il n’existe pas de durée universelle. Elle dépend de la surface, de l’accessibilité, de l’homogénéité, du niveau de détail, des documents et du nombre de personnes. Toute estimation commerciale doit préciser ces hypothèses.

Faut-il une fiche par élément ?

Non nécessairement. Des éléments homogènes peuvent être regroupés en lot si la méthode permet de conserver une quantité, un état, une localisation et des conditions cohérents.

Peut-on se fier uniquement aux plans ?

Non. Le diagnostic est réalisé après un repérage sur site. Les plans complètent la visite mais peuvent être incomplets ou obsolètes.

Comment traiter une ressource cachée ?

Ne pas inventer sa quantité ou son état. Identifier la limite, la source éventuelle et le besoin d’investigation complémentaire.

L’application peut-elle reconnaître les ressources ?

Lorsque la fonction est validée, une photographie peut proposer une identification. L’utilisateur doit vérifier et compléter cette proposition ; elle ne remplace pas l’analyse.

Comment travailler sans réseau ?

Préparer les projets et données nécessaires avant la visite, utiliser les nouveaux brouillons locaux, puis vérifier les états de synchronisation et de photos après reconnexion.

Sources

  1. Code de la construction et de l’habitation, article R.126-11.
  2. Article D.126-12 sur les compétences.
  3. CERFA diagnostic et notice en vigueur.
  4. FAQ officielle de la plateforme PEMD.
  5. Méthode interne Skop, clairement identifiée comme recommandation et non comme source réglementaire.

Collecter avec Skop
L’application peut structurer les zones, les fiches, les photos et les propriétés du projet. La méthode de visite, le contrôle qualité et l’analyse restent définis et validés par les professionnels concernés.

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